Bordeaux la ville maudite

Le conflit entre révolutionnaires et royalistes s’est naturellement propagé depuis Paris vers la France entière. En général les révolutionnaires ont pris l’avantage et dominent les institutions par leur nombre, leur richesse, et l’aide du peuple des villes. C’est beaucoup moins vrai à  la campagne et encore moins dans les endroits où depuis longtemps déjà  on cherchait l’occasion de prendre de la distance avec le pouvoir de Paris, qu’il soit royaliste ou pas.

Au premier plan des villes rebelles se trouve Bordeaux. Réfractaire depuis longtemps à l’autorité du roi qui l’a assiégé plus d’une fois, elle aurait pu basculer dans le giron des révolutionnaires. C’était compter sans une farouche volonté d’indépendance et une soif de liberté commerciale. En effet Bordeaux était depuis longtemps une riche ville commerçante qui se sentait bridée par la domination française et ses réglementations complexes et arbitraires. Pire : Bordeaux était la capitale européenne de la vente d’esclaves et les révolutionnaires venaient de proclamer l’abolition de cette pratique.

Un groupement de bourgeois bordelais a donc appelé à l’indépendance au nom de la liberté et a été relativement suivi par la population. La riposte des révolutionnaires a été la même que d’habitude : écraser tout manque d’obéissance vite et fort. Une armée considérable est venue mettre le siège devant Bordeaux et la bombarde depuis des mois.

À l’intérieur, malgré ses défenses redoutables et sa troupe expérimentée, la ville tourne progressivement au chaos et à l’anarchie. Des royalistes d’y sont infiltrés et tentent de faire passer la ville dans leur camps. Des rebelles et monstres de toutes sortes ont vu Bordeaux comme un symbole de liberté et de résistance à l’oppression du directoire et s’y sont regroupés. Parfois pour aider à la défense. Souvent pour s’amuser ou piller. On y voit ainsi une concentration de magiciens et de créatures exceptionnelle. Fait tout aussi rare : de nombreux esclaves du monde entier se sont échappés et réfugiés dans la ville basse d’où la garde ne parvient pas à les déloger.

 

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